Erik Decamp

Mountain Guide

March 2014

Que cela reste rare

Heliski, Val Veny. C’est très exceptionnel que je pratique l’héliski. Mes quatre compagnons rêvaient de cette journée depuis dix ans et, lors de leurs précédentes tentatives, soit la météo soit les conditions de neige avaient fait obstacle à la réalisation de ce rêve. J’aime le vol, je trouve très jouissif d’être déposé en altitude, de profiter seul de ces belles pentes, mais à mes yeux ce plaisir est d’autant plus vif qu’il reste exceptionnel. Il y a tellement d’autres manières d’être en montagne, de trouver du beau ski sauvage...

Pointe Ronde

Quel beau nom, contradictoire juste ce qu’il faut, pour une pointe ! J’aime cette randonnée au départ du col de la Forclaz - ou d’un peu plus bas, selon l’envie - qui est devenue une sorte de rituel. Elle mêle forêt, chalets d’alpage, vue ouvertes sur la vallée, panorama sur le Midi des Grands, le passage d’un col avec ce que ce moment comporte toujours d’émerveillement (relire l’extrait de Victor Segalen où il est question du « regard par dessus le col » ) et une longue et accueillante combe suspendue qui nous porte jusqu’au sommet. Quand est offerte de surcroît la qualité de la neige pour la descente, il en résulte une matinée parfaite !

Les dernières cascades

Fiumana di Money ne déroge pas à sa réputation de cascade  « qui peut rester longtemps en condition ». Après l’épisode printanier, quasi estival, que nous avons traversé, prétendre aller en cascade a quelque chose d’un peu anachronique... ce qui garantit une belle tranquillité au fond du Valnontey, à Cogne. Grégoire a besoin de reprendre contact avec la glace après une interruption de plusieurs années, le site s’y prête bien.

Si près, si loin

Le décès de Jean-Marc me bouleverse tellement qu’il est difficile de dire ce qui en ressortira, au-delà de la tristesse. Après une journée de quasi-hébétude et avant le début du temps de l’adieu et des cérémonies qui l’accompagnent, j’ai eu envie d’aller à la rencontre de cette beauté qui nous anime tous. Quelques heures dans la neige, brèves, lumineuses et inquiètes à la fois. J’ai eu le regard attiré par ces Jorasses si lointaines, cette neige si proche que l’oeil et le toucher ne font qu’un. Maintenant que je vois l’image, je la comprends comme une métaphore de mes interrogations : le proche de l’amitié confronté la brutalité de la perte. La distance à laquelle cette perte, peut-être m’invite à considérer la montagne. Et la beauté, en dépit de tout.

L'Ami

Je ne comprends pas ces mots que j’écris : Jean-Marc est mort. Tant de journées partagées, tant de confiance, tant de belle présence, d’attention, tant de plaisir à prendre le temps de la rencontre et à vivre de beaux moments.

Dessous, dessus, la mer

Beau temps en altitude, nuages en moyenne montagne. A nouveau la mer (de nuages), à ce détail près que cette fois, ce sera plutôt dessous, sauf quelques moments où la peau se perce. Et de fait, dessous, rien ne permet vraiment d’imaginer la lumière du haut....

De la créativité aléatoire des applis

Hipstamatic, on ne sait jamais ce que cela va donner et tout le charme est là : donner une lumière surnaturelle à cet endroit déjà un peu mystérieux dans le cadre.