Erik Decamp

Mountain Guide

July 2014

Chacun sa voie.

Eh bien, ce samedi 26 les gouttes ont eu raison de nous : trop, c’est trop et nous décidons rapidement que ce sera une journée « off ». En revanche le dimanche s’annonce correct et, pour terminer la semaine sur une note un peu moins austère que les jours précédents, nous choisissons deux voies dans le secteur du Brévent, deux niveaux de difficulté, un même sommet pour se rejoindre. Le plaisir de la grimpe, au regard de la grandeur des 4000...

Au moins un jour bleu

Nous ne regrettons pas notre choix : au moins nous profitons au mieux de ce qui aura été la deuxième vraie belle journée de cette semaine, en faisant l’ascension de la point Margherita dans de très belles conditions et avec le bénéfice d’une acclimatation déjà bien engagée. Le futur est plus douteux. Tellement douteux que nous décidons d’arrêter là le jonglage avec la météo, de revenir à Chamonix et d’essayer de passer entre les gouttes, chaussons d’escalade aux pieds !

De bons compagnons

Finalement, c’est par le bas que nous passerons pour rejoindre le refuge Gnifetti et tenter de « recoller » le programme prévu. Heureusement nous avons de très bons compagnons : aussi bien les parents que les jeunes gens de cette famille comprennent et acceptent remarquablement bien les difficultés que la météo nous inflige, et prennent les choses du bon côté. C’est une chance pour nous.

Le Cervin, comme d'autres, bien blanc...

Deuxième jour d’une traversée improbable, avec Vincent, Frédérique et leurs enfants Thibaut et Margaux. Nous sommes partis en principe pour aller, depuis Cervinia, du Breithorn au Mont Rose et revenir par Zermatt. C’est ce que l’on surnomme le « spaghetti tour » : une semaine sans descendre dans la vallée, à chevaucher les crêtes frontières du Valais en passant chaque jour au-dessus de 4000 mètres et en dormant majoritairement dans des refuges italiens, d’où le nom. Mais le ciel ne l’entend pas de cette oreille : hier, au départ de Testa Grigia, nous nous sommes arrêtés au Klein Matterhorn (vent, pas de visibilité, neige fraîche en abondance). Nous n’avons pas rejoint le refuge des guides d’Ayas comme prévu. Nous nous en doutons un peu et les jours suivants le confirmeront : c’est le début d’une longue semaine de changements incessants de plans ! Aujourd’hui, nous « assurons » le Breithorn, puis décidons de descendre jusqu’au refuge Mezzalama, en espérant des ouvertures pour les prochaines journées...

Le Viso pour presque tous

Pour la plupart des jeunes et des adultes qui les accompagnent, cette journée est un succès total : arrivée au sommet en moins de 5 heures depuis le refuge, temps magnifique. Pour seulement deux cordées, dont la mienne, il a fallu décider de faire demi-tour avant le sommet (fatigue, technique...) et c’était sage.

Journée test

Pour aller du refuge Giacoletti au refuge Quintino Sella, point de départ pour le Viso, le terrain ne manque pas pour une journée un peu plus technique que ce que le groupe avait pu faire les jours précédents en s’acclimatant sur le Grand Paradis. Gilles Pierrard, le leader de notre équipe de guides que j’ai surnommée « les douze apôtres », organise tout cela à merveille. Pas évident avec un groupe de 24, surtout par rapport au risque de chutes de pierres...

Le dodici apostoli ?

Bien sûr les petits malins en auront compté treize, car le troisième en partant de la droite s’est joint à la photo de cette fine équipe chargée d’accompagner une non moins fine équipe d’élèves d’un établissement scolaire, en route depuis une semaine pour se préparer à l’ascension du Mont Blanc. Lequel, nous offrant des conditions déplorables, nous a invité à regarder plus au sud, du côté du Viso !

Arles ou la fuite ?

Que la personne qui avait prévu de passer trois journée de découverte en montagne avec moi à Chamonix puisse se décourager, le temps de chien de cette semaine aide à le comprendre. Après un moment de déception, le bon côté de la chose a été de me permettre d’aller en Arles, aux Rencontres Photographiques. Manifestation toujours intéressante, occasion de se laisser surprendre, même si Arles a, selon moi, connu de meilleures cuvées...

Ouvert, fermé

La nuit a tenu ses promesses : à 5 heures, ciel clair et bon regel. A 8 heures, au col du Lys, nous sentons déjà que cette ouverture sera éphémère : au loin un lenticulaire s’est formé sur le Mont Blanc ; plus près de nous, le Cervin s’ennuage. Dans deux heures ce sera le tour de la Pointe Margherita où nous arriverons finalement dans le brouillard et le vent. A la descente la couverture nuageuse aura envahi toutes les altitudes jusqu’à 2000 mètres. L’ouverture aura été de courte durée mais la bonne condition physique de Bruno et Guillaume nous aura permis d’en profiter. Belle fin d’une semaine agitée.

Fermé, ouvert

Nous continuons à faire avec le temps tel qu’il va. Le samedi matin s’annonce humide, et le ciel s’ouvrirait dans l’après-midi. Destination Gressoney et le refuge Gnifetti pour, faute de Mont Blanc retenu par les nuages, nous diriger vers le Mont Rose (je suis un peu daltonien, c’est parfois utile...). Au sommet du téléphérique de la Punta Indren, on ne peut pas dire que le paysage qui s’offre à nous soit une invitation au départ. Mais le moral, lui, n’a cessé d’être au beau et j’en suis reconnaissant à Bruno et Guillaume.

Grand plaisir

Double plaisir : prolonger la journée d’hier par une voie aux Chéserys, et l’Aiguillette d’Argentière ; passer entre les gouttes. Pour cette fois, pas dessous ! Voilà qui repose...

Grand bonheur

Grand moment aujourd’hui : Bruno découvre, Guillaume re-découvre, le plaisir de l’escalade. Et le soleil est généreux ! Que demander de plus ?

Grand Paradis ?

Pour aujourd’hui, on va dire que la dénomination « Grand Paradis » aura été un peu abusive. Voici un des rares moments où nous aurons vu quelque chose.

Le pain français et l'accueil italien

Si vous voulez faire plaisir à Titti et à tous ceux (surtout toutes celles, d’ailleurs) qui gardent le refuge Chabod, c’est simple : apportez une bonne baguette ! L’accueil au refuge sera encore meilleur que d’habitude. Et ce n’est pas peu dire !